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Pourquoi?
Le handicap sensoriel et moteur à
l’aube du 3ème millénaire et les enjeux
de l’INM
Les handicaps sensoriels, c’est à
dire les déficiences qui affectent l’audition
et la vision, et les incapacités motrices, constituent
une des causes majeures de morbidité dans les pays
industrialisés (près de 5 millions de personnes
en France selon une étude de la mission interministérielle
2000 au handicap). Ces handicaps touchent tous les âges
de la vie, mais leur incidence augmente avec l’âge
(ils sont alors souvent cumulés), ce d’autant
que l’espérance de vie s’accroît.
Dans notre monde moderne qui requiert l’intégrité
de nos sens et de notre motricité, ces handicaps représentent
un facteur limitant considérablement l’autonomie
des personnes âgées. Outre leur coût social
et financier, ils sont cruellement ressentis par les malades
qui ont le sentiment d’un décalage entre une
recherche qui progresse et des applications qui tardent à
se mettre en place.
L’essor technologique et médical
au cours des trente dernières années a pourtant
permis des progrès considérables dans les traitements
des affections sensorielles et motrices. Ainsi, la chirurgie
et le laser épargne-t-elle maintenant à beaucoup
de malades les baisses de vision liées à la
cataracte, au décollement de la rétine, et même
à la myopie. L’implant cochléaire permet
à de jeunes enfants sourds profonds, qui seraient auparavant
restés dans un mutisme pénible facteur de rupture
sociale, de parler normalement. Mais les cellules sensorielles
de l’œil et de l’oreille, de même
que les neurones qui les connectent au cerveau comme ceux
qui parcourent la moelle épinière et qui innervent
nos muscles, sont susceptibles d’être détruits
par des processus variés, qui peuvent être d’origine
génétique, inflammatoire, traumatique ou toxique.
La perte de ces éléments nerveux, quel qu’en
soit la cause, entraîne des handicaps (cécité,
surdité, paralysie) pour l’instant incurables,
souvent liés à l’âge comme nous
l’avons évoqué plus haut et d’autant
plus lourds qu’ils sont multiples.
C’est donc pour comprendre, prévenir
et traiter ces maladies que l’Institut des Neurosciences
de Montpellier a été créé, puisque
leur éradication est l’un des enjeux de santé
majeur de nos pays développés. L’INM est
à l’origine un bel ouvrage hospitalier de la
fin du XIXème siècle, mis récemment à
la disposition de l’INSERM par le CHU et la ville de
Montpellier, pour en faire un institut de recherche moderne.
L’INM possède les équipements de pointe
qui permettent d’explorer le vivant en temps réel,
et de visualiser l’activité de nos cellules jusqu’à
l’échelle moléculaire. Ces outils sont
indispensables pour appréhender de manière précise
les mécanismes des maladies, et appliquer des traitements
sur la base de ces connaissances, de l’animal jusqu’au
lit du malade. Les essais cliniques sont possibles grâce
à la proximité de l’Institut Régional
de Biothérapie, du Centre d’Investigation Clinique
et des services de neurologie, d’ophtalmologie et d’ORL,
tous situés sur le campus hospitalier Saint Eloi.
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