Vision

Environ la moitié des aveugles souffre de maladies ophtalmologiques incurables. Ce sont des dégénérescences de la partie nerveuse de l’œil, en particulier la rétine qui génère le courant électrique à partir de la stimulation lumineuse et le nerf optique qui transmet ce courant au cerveau où l’image est interprétée. Ces maladies dégénératives sont à la frontière des possibilités médicales actuelles. En effet, le remplacement des neurones reste encore un challenge et on ne peut pas reconnecter un nerf optique qui a été sectionné, d’où l’impossibilité de greffer un œil. Ces maladies très invalidantes conduisent à une perte de vision, généralement de manière progressive au cours de la vie, mais quelquefois totale dès la naissance, et dans la majorité des cas irréversible. Il est donc nécessaire d’élaborer et de valider de nouveaux traitements dans le but d’empêcher la progression de la maladie, et éventuellement de réparer les lésions pour restaurer la vision devenue défectueuse.

1.1. Les dystrophies rétiniennes et le cycle visuel dans l’épithélium pigmentaire rétinien

Img2 Brabet


La plupart des formes monogéniques de rétinopathies héréditaires est associée à des gènes exprimés dans les photorécepteurs (PR) ou dans l'épithélium pigmentaire rétinien (EPR) où ils codent pour des protéines qui sont essentielles pour la structure, la fonction et la survie. Les processus cellulaires et les voies biochimiques spécifiques impliquées dans les dystrophies rétiniennes sont, entre autres, le développement des PR, la morphogenèse, la photo-transduction, le cycle visuel, le métabolisme cellulaire et le repliement des protéines.

En savoir plus...


1.2. Neuropathies Optiques Héréditaires et Déficits Mitochondriaux

Lenaers AO


Les neuropathies optiques héréditaires, dont l’Atrophie Optique Dominante (AOD, prévalence 1/20 000) et la Neuropathie Optique Héréditaire de Leber (NOHL, prévalence 1/30 000) sont des causes importantes de cécité dans la société occidentale. Elles sont caractérisées par la dégénérescence des Cellules Ganglionnaires de la Rétine (CGRs), et de leurs axones transduisant l’information visuelle de la rétine au cerveau. Aujourd’hui, il n’existe aucun traitement efficace pour ces maladies.

En savoir plus...


1.3. Génétique des rétinites pigmentaires

Img RP grand

Les dystrophies rétiniennes héréditaires, prévalence de 1/3000 dans les pays développés, font partie du grand groupe des neurodégénérescences. Ce sont des maladies génétiques mendéliennes conduisant à un dysfonctionnement de la rétine et à une mort de différents types cellulaires rétiniens, entraînant une perte de vision. Ces maladies sont dues pour la plupart à la mort des photorécepteurs et à leur tissu de soutien, l’épithélium pigmentaire de la rétine. Celles dont les lésions initiales sont localisées dans les régions périphériques de la rétine sont appelées rétinopathies pigmentaires, incluant la rétinite pigmentaire (RP) alors que celles dont les lésions sont localisées au niveau de la macula située au centre optique de la rétine, sont dénommées dystrophies maculaires (DM), incluant la maladie de Stargardt et la maladie de Best.

En savoir plus...

1.4. Thérapie génique des dystrophies rétiniennes

iPSc

La rétine est une cible parfaite pour la thérapie génique car elle est facilement accessible par des méthodes peu invasives, elle est de petite taille, ce qui permet d’utiliser de faibles doses de vecteurs, et elle est immuno-privilégiée grâce à sa séparation de la circulation systémique par la présence de la barrière hémato-rétinienne. De plus, les dystrophies rétiniennes sont d’excellentes candidates pour la thérapie génique d’une part parce qu’elles sont souvent monogéniques, et d’autre part car elles peuvent être diagnostiquées précocement dans l’évolution de la maladie par des signes cliniques particuliers et progressent lentement vers la cécité, ouvrant ainsi une large fenêtre thérapeutique.

En savoir plus...